Sur l’un des sommets des Pyrénées Orientales, le Pic Carlit

Cet été, nous avons décidé avec mon père de nous lancer à l’assaut d’un nouveau sommet des Pyrénées Orientales. Eté 2017, nous avions grimpé en haut du Grand Péric et du petit Péric au-dessus des Camporeils mais également en haut du Puigmal d’Err, du Pic de Sègre et du Puigmal de Llo.

Alors pour cette année, nous avons choisi le Pic Carlit qui culmine à 2921 mètres d’altitude. Celui-ci s’atteint selon les guides en 3h30-4h depuis le barrage du Lac des Bouillouses. Nous sommes donc partis le lundi 20 août à 8h30 de la maison pour le départ des navettes. En effet, tous les étés, le barrage des Bouillouses n’est accessible de 7h à 19h qu’en car. Le but est de préserver le site et ses alentours du trop grand nombre de touristes. On prend donc un car qui nous amène en 15-20 mn sinueuses en contrebas du barrage des Bouillouses lequel est situé à 2050 mètres d’altitude. On marche alors le long du barrage jusqu’à l’hôtel « les bonas hores » et une fois celui-ci laissé derrière nous, on suit les marques jaunes des étangs du Carlit pour nous rapprocher du Pic.

Après une vingtaine de minutes qui grimpe un peu mais accessible à tous les niveaux en prenant son temps, on arrive sur un chemin balisé beaucoup plus plat conduisant de lac en lac pour une boucle de 9 ou 12 étangs selon votre envie et votre temps, la grande boucle étant prévue sur 2h30 -3h.
Cette ballade est tout public et aisément réalisable en famille, aussi bien avec des enfants que des grands parents. On peut alors marcher un peu et se poser autour de l’étang de notre choix pour pic niquer, tremper ses pieds voire plus pour les plus courageux (on est en montagne rappelons-le !).

Mais n’oublions pas notre objectif  à nous ce 20 août 2018… l’ascension du Pic Carlit ! Arrivés au bout de la piste des 12 lacs et avant de commencer la boucle retour, le chemin continue tout droit, direction l’ascension, pure et dure ! A mesure qu’on grimpe (et cela arrive très vite) la végétation se raréfie laissant place à de la caillasse ocre / rouge. Le vent souffle et même si le soleil est bien présent, le petit foulard pour garder les bronches au chaud n’est pas de trop. Au bout d’une demi-heure, premier coup de cœur avec la présence d’un névé (plaque de neige éternelle) et un petit point d’eau autour. Les couleurs sont stupéfiantes, le bleu devenant turquoise avec le jeu du soleil entre le blanc de la neige et le bleu du ciel. Quelques photos prises, on ne s’attarde pas, un sommet nous attend. Et pour cause, c’est le moment où les choses deviennent réellement sérieuses. Si la demi-heure passée était sur un chemin rocailleux mais avec une pente modérée, là, on entame la véritable ascension. Les foulées se font plus courtes, la respiration forcée, il est temps d’adopter un rythme ralenti pour tenir la fin des 1000 mètres de dénivelé positif de cette randonnée.

On marche, suivant les marques et puis un moment, alors même qu’on est en train de longer la paroi, on s’arrête. Plus de « chemin » visible, plus de traces et seulement des rochers aux arrêtes parfois tranchantes autour de nous. Nous avons dû suivre des gens sans prêter attention à l’essentiel en montagne … la piste ! Nous décidons donc de rebrousser chemin mais arrivés de l’autre côté de la paroi où nous avions vu notre dernière marque … rien ! Nous réfléchissons un peu. Visiblement, nous étions au bon endroit. Nous revenons donc à nouveau là où nous nous étions arrêtés et nous voyons des gens descendre … en escaladant comme ils le peuvent. Nous les interrogeons donc et oui, c’est bien par là. Le chemin redevient visible un peu plus haut mais d’ici là, il faut monter comme on peut. Et c’est donc ce que nous faisons. On grimpe, alternant jambes mais aussi fréquemment bras pour nous aider à monter. On se retrouve alors dans une petite coulée où un seul adulte passe rendant tout croisement impossible. On laisse quelques personnes descendre difficilement (c’est toujours plus dur en descente vous ne trouvez pas ?) puis on se lance en se tenant cette fois ci clairement aux roches à droite à gauche pour nous hisser. On arrive alors sur un semblant de chemin, toujours dans les roches et la pierraille. Le sol n’est pas stable, assez glissant même, mais il faut continuer à monter car le sommet est proche. Le souffle toujours forcé et les jambes de plus en plus lourdes, on arrive enfin au sommet après 10 à 15 mn d’effort final. On se retourne alors et là, les 3h20 d’efforts passées se volatilisent pour laisser place à un paysage éblouissant à 360 degrés.

On est sur un sommet, on domine tant de plaines et vallées mais aussi de plus petits sommets que la vue porte sur des centaines de kilomètres tant côté espagnol que français !

Bien sûr, passées les premières minutes d’éblouissement, on repense aux fondamentaux :
1/ se couvrir du froid à cause du vent qui souffle au sommet et ne fait pas bon ménage avec nos vêtements humides des efforts de l’ascension
2/ se protéger du soleil, particulièrement traître à cette altitude de près de 3000 mètres eu égard à la fraicheur du fond de l’air rafraichi par le vent.
Je sors donc la crème solaire pour le visage, les épaules et les jambes et nous cherchons un petit coin à l’abris du vent pour profiter de la vue et sortir le pique-nique.

Une fois celui-ci trouvé, les fesses tout simplement sur une pierre un peu plus plate que les autres, je prends une petite dose d’arnica pour les courbatures et je prépare un shake protéiné pour aider à la récupération musculaire pendant l’heure que nous passerons sur le sommet avant de redescendre. En effet, si les jambes sont mises à rude épreuve en montée, c’est bien la descente qui est la phase la plus compliquée, tant parce qu’elle sollicite énormément les genoux et chevilles que parce que qu’elle intervient alors que les muscles ont déjà eu plus de 3h d’efforts auparavant. Alors mieux vaut reprendre un peu de forces. Une fois le shake avalé, on sort le vrai repas, enfin le vrai pique-nique. Une petite salade de riz, du pain, du fouet catalan, du fromage (tomes de chèvre et de vache) et une pomme en guise de dessert. Après tant d’efforts et de sueur, il faut en effet regonfler un peu les stocks de sel ce que le saucisson du pays et le fromage font amplement. Du pain au levain et du riz pour les glucides lents et rapides et nous voila parés pour regonfler nos batteries.

Mais avant de partir, on ouvre nos yeux, on savoure ces moments au-dessus du monde et on tente d’imprégner les détails de ces paysages fabuleux dans nos esprits. Quelques photos et vidéos plus tard, on décide au bout d’1h15 de pause de repartir, le soleil tapant bien plus qu’on ne l’aurait cru. La descente s’amorce alors. Les jambes sont un peu raides et douloureuses au départ mais rapidement, la chaleur s’installe dans les muscles, les tendons et ligaments s’assouplissent et on peut repartir avec plus d’assurance sur la descente.

Une fois redescendu au niveau du névé, on reprend quelques photos. Mon père se rend même en plein milieu mais avec son expérience de la montagne et de la neige, il y prend toutes les précautions car nos chaussures de montagne ne sont pas adaptées à la neige et la plaque est en pente avec la petite réserve d’eau glacée à ses pieds. Je tente quelques pas mais patatras … les fesses dans la neige ! je me relève donc précautionneusement et regagne les rochers. On glisse sacrément vite et l’idée d’un bain glacé ne m’enchante guère… mieux vaut rester sur la terre ferme !

On poursuit alors notre descente et comme vous vous en douterez, une fois l’objectif du sommet atteint, la descente me semble interminable … 3h plus tard, nous sommes de retour au barrage et nous nous arrêtons pour un rafraîchissement et une petite crêpe au sucre pour moi sur la terrasse de l’hôtel Bonas hores avant de regagner les navettes.

Bilan de cette journée ?

3h20 de montée (en comptant les petits arrêts « photos ») pour près de 1000 mètres de dénivelé positif , 3h de descente. 20 km de marche et des paysages gravés dans ma mémoire, le tout pour à peine 20 euros à deux, le coût de la navette et de nos rafraichissements à l’arrivée pour deux. N’est ce pas fabuleux la montagne l’été ?

Et vous, quel est votre plus haut sommet atteint en marchant ?

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